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16/07/2010

CEVENNES

 

RANDONNEE AU MONT LOZERE


C'est l'été, une randonnée au Mont Lozère, pas vraiment mais plutôt au mont Cassini qui fait partie de cette chaîne cévenole dont je vais vous parler aujourd'hui.

Départ aux aurores, les hautes Cévennes nous attirent, la chaleur nous fait fuir vers des températures plus clémentes.

Le soleil n’a pas encore chassé la fraîcheur du matin et nous voilà en route.

Alès, Genolhac… enfin, la jolie petite route, étroite, sinueuse à souhait ombragée, celle qui amène au Mas de la Barque.

Déjà des voitures témoignent du courage des randonneurs tôt partis et à pied d’œuvre.

Sac à dos, godasses, casquette, eau et casse-croûte, nous voilà prêt à affronter le mont Cassini.

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Vous connaissez Cassini ? Je dois avouer que ce nom de scientifiques m’était totalement inconnu et pourtant ! cette lignée de géographes, à partir de Louis XV sous l’influence de Colbert a établi la première carte générale du royaume de France par triangulation. Le mont Cassini est l’un des points géodésiques (système de référence géographique)  -

explication un peu sommaire que vous aurez à coeur de parfaire sur internet si vous êtes curieux !

un «  monument » indique la première tentative, remarquablement réussie d’une carte de France géographique simple parenthèse......Nous sommes là pour escalader ce mont pierreux de 1680 m .DSCN3613.JPG

Un joli sentier semé de pierres et malaisé serpente le long des flancs du mont, quelquefois ombragé, le plus souvent à découvert, laisse voir un paysage grandiose et désolé à la fois.DSCN3608.JPG

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Quelques randonneurs voulant laisser trace de leur passage ont érigé des « mont joio » nom provençal donné à ces amas de pierres où celui qui désire témoigner ajoute sa contribution.

Cette coutume ancrée dans l’inconscient vient de l’époque où les bergers marquaient les « drailles » empruntées, les nouveaux chemins ouverts, afin que d’autres prennent la suite et aillent toujours plus loin.DSCN3624.JPGDSCN3609.JPG

Après avoir transpiré sous un soleil de plus en plus ardent, voilà le sommet, sec, aride…..des rochers….des rochers… l’accès est difficile mais la vue est superbe.

Souffler un peu, boire, photo et nous voilà repartis à travers une lande de genêts vers les bois havres de fraîcheur où nous croisons le chemin furtif d’une biche apeurée.

Nous sommes à la recherche d’un petit ruisseau le Malpertus, DSCN3629.JPGqui, en suivant son cours nous amènera vers le sentier de randonnée du Pont du Tarn.

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Notre périple nous fait traverser des étendues parfois mornes et nues, DSCN3624.JPGainsi que de magnifiques prairies fleuries dont les herbes ondulent doucement sous un vent léger créant une vague chatoyante, des fleurettes, DSCN3632.JPGdes rochers…

Nous traversons un beau village Bellecoste à demi ruiné, perdu sur le plateau, il renaît pourtant grâce à quelques habitants, qui, bravant le manque d’électricité et de commodités auxquelles nous sommes habitués ont réhabilité avec bonheur quelques maisons, merci à eux !DSCN3634.JPGDSCN3638.JPG

Nous voilà devant un gué, et là, pour le plaisir, je fais l’erreur de quitter mes chaussures afin de tremper les pieds dans l’eau fraîche !

Mais, comment faire entrer des pieds humides, un peu gonflés par la marche dans de gros croquenots ? L’horreur, du sable s'est incrusté sous les orteils, il faut patiemment chasser le moindre grain afin d'éviter la blessure qui ne pardonne pas lors d'une  longue marche malgré ce petit contre temps détente agréable tout de même.DSCN3654.JPG

Des « vététistes » des randonneurs nous croisent ou nous doublent, et, joie de la montagne, chacun se salue amicalement presque en voisin !DSCN3652.JPG

La piste maintenant devient aisée, elle emprunte un tracé de ski de fond, nous ne sommes

 

pas très loin de notre but, enfin au détour du chemin le voilà ce pont du Tarn.

Je ne peux m’empêcher d’admirer le travail des bâtisseurs qui, pour un simple ouvrage à vocation surtout agricole ont appareillé avec harmonie et élégance les pierres qui le constituent.

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Halte casse-croûte, repos bien mérité à l’ombre près de l’eau savourer l'instant présent tout simplement la joie de la détente dans un paysage beau et paisible.

Une calèche a amené ici toute une famille, le cheval et son maître prennent un petit bain de pieds, DSCN3660.JPGl’entente entre l’homme et l’animal est palpable, pause auprès de son attelage où le cheval peut paisiblement tondre l’herbe tendre en attendant le départ.

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Quelques nuages nous font craindre une averse cévenole, brutale et subite, nous reprenons dare dare le chemin du retour vers la station du Mas de la Barque, la piste chemine entre les arbres, et, malgré leur présence, le soleil étant revenu en force, nous fait transpirer abondamment et vider nos dernières réserves d’eau.

Nous croisons des promeneurs, tels Stevenson, ils ont loué les services d’un âne .

Nos pas fatigués nous ramènent vers l’arrivée….

Ouf …la voiture et départ vers le gîte d’étapes pour un repos bien mérité.

Epuisés, mais heureux nous savourons les dernières heures de la soirée, le gîte, sur le chemin de Stevenson se trouve à Notre-Dame-des-Neiges "la maison de Zachée" où nous sommes accueillis avec beaucoup de générosité et de gentillesse

– merci à notre aimable hôtesse Brigitte.

le lendemain, encore fatigués nous décidons sagement de faire une grande promenade tranquille et prendre la voiture vers le charmant village de Thines DSCN3700.JPGDSCN3703.JPGpar le chemin des écoliers, où j'ai dégusté une succulente coupe glacée au marron!!!

 

ce village, je dirais du bout du monde, puisqu'il s'agit d'un cul de sac a été pourtant

victime et témoin de la barbarie nazie lors de la dernière guerre,

 

 

 

un monument étrange en mémoire de ceux qui y sont mort nous rappelle que la folie meurtrière peut frapper quelquefois un peuple civilisé aveuglé par une idéologie ne jamais oubliér, surtout ne jamais oublier car ce peuple a pourtant donné naissance à tant de grands musiciens de grands poètes, sommes nous à l'abri ???

 

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notre flanerie nous amène ensuite au bord de l'Altier, nous avons une vue magnifique sur le château du Champ, niché dans la verdure, il était difficilement accessible à l'objectif mais la patience et la découverte d'une"trouée" nous ont permis d'avoir cette magnifique vue.

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Au bord de la rivière, dans les bois un ogre végétal ouvre une large gueule comme pour engloutir les petits rongeurs ou oiseaux qui s'aventureraient, à moins que tel un gentil monstre il ne leur serve d'abri ? DSCN3668.JPG

Plus loin, au fond d'une combe que la retenue du lac de Villefort n'a pas totalement immergée, nous avons le plaisir de voir le château de Castanet, entouré sur trois côtés par l'eau.

 

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Journée paisible emplie de petites joies et de petits bonheurs qui font trouver la vie heureuse simplement, le soleil est notre compagnon, un vent léger nous aide à supporter ses rayons brulants....la vie est belle !


14/01/2010

HIVER

 

 

HIVER

Cet hiver capricieux nous prouve que, bien heureusement, nous ne sommes pas maître de la nature.

 

Un froid de canard où respirer derrière son cache-nez faisait un halo de buée, l'onglée aux doigts pourtant bien emmitouflés dans de gros gants, les orteils recroquevillés malgré les bottes fourrées, fi de l'élégance !!!

 

Fait froid,

la nature grelotte, les petites bêtes sauvages sont à couvert, juste s’aventurent les oiseaux de toutes sortes. Les rouge-gorge, les moineaux hardis et familiers, viennent tout près de la fenêtre demander de l’eau, vite… dégeler la vasque avant que le froid ne la glace à nouveau,

 

 

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des graines pour « les oiseaux du ciel » j’ai bien aimé cette « marque ».

Le jardin où j’ai laissé pour eux des taillis leur donne asile RSCN1955.JPG

 

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et c’est une multitude d’espèces qui cohabite chacun à son rang de préséance :

D’abord les pies, je sais elles ne sont guère aimées, mais quelle élégance dans leur habit de cérémonie !

Ensuite les pigeons, par deux ou quatre, viennent boire et manger, cette année je crois, des grives et des tourdres, enfin la petite marmaille adorable des passereaux.

Est-ce que je ne suis pas suffisamment patiente, prête au bon moment, mais je n’ai jamais pu photographier toute la faune ailée de mon jardin, qu’importe !



Cet hiver nous réservait encore d’autres « joyeusetés » après ce froid glacial, sur un sol gelé, la neige : épaisse, lourde

 

 

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Les rues glissantes, les trottoirs pavés transformés en patinoires, cette neige tenace, durcie et glacée par les passages n’a pas été dégagée, ou tout au moins si peu, en tout cas pas dans « ma rue » ni sur le trottoir amenant au centre ville.

Personne ou presque dans les rues et le peu de passants croisé fait penser à un peuple de petits vieux marchant à pas comptés, le nez par terre, courbés, attentifs aux plaques de verglas traîtresses et casse-g….e, seules les départementales sont dégagées, pour y accéder…..autre problème !

 

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Mais dans la campagne, c’est magnifique, pas un bruit, oubliés les embarras citadins !

 

DSCN1978.JPGdes mûrs poudrés de blancDSCN1966.JPG

 

des buissons virginaux,


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Les pas font de profondes empreintes de géants,DSCN1983.JPG

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des traces dans la neige .

 

 

 

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Promenade fatigante mais vivifiante presque enivrante avec en récompense toujours un chocolat chaud à l’arrivée.

Cependant Bonhomme Hiver chez nous se lasse vite du froid, de la neige et nous a envoyé depuis deux jours une pluie, qui, palliant aux carences locales nous débarrasse de cette belle couche blanche mais combien dangereuse.

La clémence relative de la température fait oublier à mon petit peuple de l’air la saison, les voilà tous à pépier s’ébrouer comme pour un printemps pourtant encore loin.

Journée de pluie frisquette, à rester dedans comme pendant le froid, la neige…. Enfin journée d’hiver : couture, lecture, musique devant mon amie la cheminée où

quelques bûches flambent.

D'hiver 045.jpg

(image d'archive)

Ah ! mes amis, quel bonheur la retraite lorsqu’on est à l’abri bien au chaud ,

hum… je sais,

vous pensez elle va nous sortir encore son petit refrain sur les sans-abris, et oui ! je ne peux m’empêcher de penser en ces moments à tous ceux qui, pour quelle raison que ce soit, sont à la rue, au froid, à la pluie….pourtant, juste quelques euros par-ci, par-là prélevés sur nos impôts souvent si mal utilisés …..

Il nous reste la modeste possibilité de donner une pièce, de la nourriture, une parole de réconfort et espérer avec eux la venue du printemps,et s'interroger :

pourquoi est oubliée une des devises de notre République,

FRATERNITE !