Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

27/01/2010

CONTE DE FEE


1qaibdat.jpg




CONTE DE FEE

Sortie du fonds de sa mémoire d’enfant, cette petite histoire touchante narrée par une amie :

IL était une fois….


Un soir….

dans une vieille épicerie, véritable bazar où se mêlaient les odeurs fortes ou suaves des épices, du café en grains, du poivre à moudre…..

sur les étagères encombrées, une multitude de produits nécessaires ou futiles…

des sacs de légumes secs côtoyant les boites de cirage ou de conserves, choix offert à la clientèle dans les épiceries comme il en existait autrefois avant l’arrivée des super-marchés.

Au milieu de ce capharnaüm, alors qu’une panne de courant avait plongé la boutique dans une semi-obscurité, seule une lampe à pétrole diffusait une petite lumière tremblotante nimbant d’une mystérieuse aura magique

 

UNE POUPEE !

 

Coup de foudre immédiat ! notre petite fille qui accompagnait sa mère était en extase devant cette magnifique apparition… :

Qu’elle était belle avec ses anglaises blondes, parée comme une princesse dans sa robe bleue, sa boite, telle un coffret à bijoux aux yeux de l’enfant, renfermait un vrai trésor : cette poupée, qui semblait lui dire «

«- viens me chercher, je t’attends….viens »….

- « Maman, regarde ! la poupée ! »

Ah ! la réalité, le retour sur terre si difficile fut sonné par la mère, pressée, fatiguée pas très riche surtout, qui, voyant dans les yeux de sa fille une telle expression de désir émerveillé d’une phrase brève brise son rêve  :

non la poupée n’était pas pour elle, «

- regarde seulement, trop cher ma fille ! »

L’épicière vint au secours de la fillette : mais non, cette poupée n’était pas à vendre, il suffisait d’acheter un billet de tombola afin de la gagner, après tout il y aurait bien un billet gagnant .. et quand on y croit, pourquoi pas ?

Oui, mais la vie est faite d’espoirs, de joies, de déceptions :

non, la poupée ne serait pas pour elle, le porte-monnaie n’était pas très garni, même pour un billet de tombola qui risquait fort d’être perdant, l’argent devait servir aux dépenses nécessaires de la famille.

Et c’est là où dans les histoires, comme dans la réalité, un petit miracle se produit, émue par l’enfant, une cliente lui offre un billet….

Ah ! ce ticket qui permettait d’entretenir encore le conte de fée, attendre, attendre que tous les numéros soient vendus…il y en avait tellement !

Le jour à la fois redouté et attendu du tirage au sort est enfin là ! moment mystérieux où tout peut arriver : une main cherche dans un sac empli de petits bouts de papier, elle prend, repose, remue et enfin tire un numéro…. moment de suspense intense, presque insoutenable, et voilà, c’est fait, le billet est tiré… déplié… coup de poing à l’estomac, incrédulité :

« Gagné !!! »

Le bonheur, le bonheur total, elle qui n’avait jamais eu la joie d’avoir une poupée venait de recevoir ce merveilleux cadeau !

Et, de nombreuses années après, le souvenir vivace redevient réalité pour un temps, les émotions sont là identiques….

La fillette émerveillée,

malgré les aléas de la vie, malgré le temps

Est seulement endormie dans un coin de mémoire,

endormie mais vivante !


Ah ! enfant éternel qui est en chacun de nous dès qu’affleurent les vieux souvenirs joyeux ou tristes

tu es là

tout près, tout près de l’adulte que nous croyons être ,

h589fdsj.jpg


09:30 Publié dans Rêveries | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2010

HIVER

 

 

HIVER

Cet hiver capricieux nous prouve que, bien heureusement, nous ne sommes pas maître de la nature.

 

Un froid de canard où respirer derrière son cache-nez faisait un halo de buée, l'onglée aux doigts pourtant bien emmitouflés dans de gros gants, les orteils recroquevillés malgré les bottes fourrées, fi de l'élégance !!!

 

Fait froid,

la nature grelotte, les petites bêtes sauvages sont à couvert, juste s’aventurent les oiseaux de toutes sortes. Les rouge-gorge, les moineaux hardis et familiers, viennent tout près de la fenêtre demander de l’eau, vite… dégeler la vasque avant que le froid ne la glace à nouveau,

 

 

DSCN0121.JPG

des graines pour « les oiseaux du ciel » j’ai bien aimé cette « marque ».

Le jardin où j’ai laissé pour eux des taillis leur donne asile RSCN1955.JPG

 

RSCN1958.JPG

et c’est une multitude d’espèces qui cohabite chacun à son rang de préséance :

D’abord les pies, je sais elles ne sont guère aimées, mais quelle élégance dans leur habit de cérémonie !

Ensuite les pigeons, par deux ou quatre, viennent boire et manger, cette année je crois, des grives et des tourdres, enfin la petite marmaille adorable des passereaux.

Est-ce que je ne suis pas suffisamment patiente, prête au bon moment, mais je n’ai jamais pu photographier toute la faune ailée de mon jardin, qu’importe !



Cet hiver nous réservait encore d’autres « joyeusetés » après ce froid glacial, sur un sol gelé, la neige : épaisse, lourde

 

 

RSCN1984.JPG

 

Les rues glissantes, les trottoirs pavés transformés en patinoires, cette neige tenace, durcie et glacée par les passages n’a pas été dégagée, ou tout au moins si peu, en tout cas pas dans « ma rue » ni sur le trottoir amenant au centre ville.

Personne ou presque dans les rues et le peu de passants croisé fait penser à un peuple de petits vieux marchant à pas comptés, le nez par terre, courbés, attentifs aux plaques de verglas traîtresses et casse-g….e, seules les départementales sont dégagées, pour y accéder…..autre problème !

 

DSCN1978.JPG

Mais dans la campagne, c’est magnifique, pas un bruit, oubliés les embarras citadins !

 

DSCN1978.JPGdes mûrs poudrés de blancDSCN1966.JPG

 

des buissons virginaux,


FSCN1989.JPG

 

Les pas font de profondes empreintes de géants,DSCN1983.JPG

FSCN1989.JPG


 

 

 

 

 

des traces dans la neige .

 

 

 

DSCN1976.JPG

 

 

 

 


 

 

 

Promenade fatigante mais vivifiante presque enivrante avec en récompense toujours un chocolat chaud à l’arrivée.

Cependant Bonhomme Hiver chez nous se lasse vite du froid, de la neige et nous a envoyé depuis deux jours une pluie, qui, palliant aux carences locales nous débarrasse de cette belle couche blanche mais combien dangereuse.

La clémence relative de la température fait oublier à mon petit peuple de l’air la saison, les voilà tous à pépier s’ébrouer comme pour un printemps pourtant encore loin.

Journée de pluie frisquette, à rester dedans comme pendant le froid, la neige…. Enfin journée d’hiver : couture, lecture, musique devant mon amie la cheminée où

quelques bûches flambent.

D'hiver 045.jpg

(image d'archive)

Ah ! mes amis, quel bonheur la retraite lorsqu’on est à l’abri bien au chaud ,

hum… je sais,

vous pensez elle va nous sortir encore son petit refrain sur les sans-abris, et oui ! je ne peux m’empêcher de penser en ces moments à tous ceux qui, pour quelle raison que ce soit, sont à la rue, au froid, à la pluie….pourtant, juste quelques euros par-ci, par-là prélevés sur nos impôts souvent si mal utilisés …..

Il nous reste la modeste possibilité de donner une pièce, de la nourriture, une parole de réconfort et espérer avec eux la venue du printemps,et s'interroger :

pourquoi est oubliée une des devises de notre République,

FRATERNITE !

08/01/2010

SOULOUMIAC


 

 


Cette ferme ruinée, objet de notre quête un dimanche après-midi, atteinte après maintes péripéties,

ferme quasi magique, née de son terroir au milieu des bois, îlot de pierres où l’on accède par un chemin confidentiel, frayé par les chasseurs et les promeneurs.


Cette bâtisse perdue, au nom étrange, venant peut-être du latin solemnis : « consacré, solennel » je dois dire que cette définition m’enchante.

DSCN1946.JPG

 

Et si, depuis la nuit des temps Souloumiac était consacrée à une divinité ! tel un lieu de culte ancien et de fêtes solennelles, hommage à Lupercus, dieu et protecteur contre les loups des troupeaux, ces loups qui hantaient les bois alentour.

Dans un très beau livre écrit avec beaucoup de sensibilité et très documenté, Clément Martin, à qui je dois mon engouement pour Souloumiac, relate, une bataille entre un loup et un chien dressé à combattre ce fauve en 1873.

Oui, les dieux rustiques et antiques errent encore dans  ces bois….et…au détour d’un sentier laissent leur empreinte mystique.

C’est tout naturellement qu’une ferme consacrée à l’élevage d’ovins et à la gloire des fruits de la terre leur ait succédé,

cette terre nourricière et rebelle, des générations s’y sont frottées, tous unis par le travail et la solidarité.


La vie à Souloumiac y était généreuse ; bien nourris, bien traités, chacun cohabitant en bonne entente : maîtres, metayers ou simples bergers, tous âges confondus,

des lignées entières de familles lui ont donné leur travail, leurs forces, leur fidélité afin que se perpétue cette fête de la récolte, celle des troupeaux, celle plus tardive de la soie ; celle enfin éternelle de la fraternité malgré, et peut-être surtout à cause de la rudesse de la vie et le labeur harassant de chaque jour.

 

Aux Dieux païens, a succédé le Dieu Chrétien, les célébrations, les fêtes se tournaient vers un Dieu autre mais toujours bienfaiteur à qui l’on dédiait ses joies, ses peines, ses heurs et malheurs sans récriminer, avec action de grâce.


Ici, les hommes étaient restés les mêmes, préservés par les bois à la fois amicaux et dangereux. Ces bois qui recouvraient, dès que le travail de l’homme se relâchait les terres vouées à la culture, mais fournissaient aussi le chauffage, les charpentes solides qui accueillaient les tuiles rousses.


Pourtant, un jour,

vaincue par un changement de vie ? De mentalité ? de vitalité ? Le modernisme ?

 

La ferme petit à petit s’est étiolée, vidée de ses habitants, finies les récoltes, les troupeaux dans la bergerie, finie la voix de l’enfant, de l’aïeul, l’appel des bergers….. la voilà restée pendant des décennies ouverte à tous les vents, à tous les occupants de passage plus ou moins respectueux : marginaux, rares troupeaux en transhumance..


La bâtisse souffrante était cependant toujours debout, ne demandant qu’à ranimer ce souffle de vie qui bat encore en elle, réouvrir les yeux vides de ses fenêtres, revêtir de tuiles sa charpente rustique et encore solide,

enfin,

revoir jaillir la joie, la tristesse, les rires, les appels, les cris, les chants, les pleurs , tout ce qui est l’essence de l’existence humaine.

Peut-être… peut-être ...je ne sais !

mais lors de notre visite un portail neuf fermait la cour, une voiture devant la porte

Des voix humaines faisaient espérer……espérer….espérer……

 


Journée d'hiver, de neige, journée à rester dedans, devant l'ordinateur ! mon petit texte est prêt, je devais demain aller faire quelques photos mais, je vous les promet dès que les chemins seront praticables , je n'ai pas pu résister au plaisir de partager avec vous ces quelques lignes.

Documentation spécifique  : Clément Martin - "La garrigue et ses hommes"

 

13:57 Publié dans Rêveries | Lien permanent | Commentaires (12)