Midilibre.fr
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24/02/2009

Un dimanche

Vivaldi ! la musique emplit la pièce, un Gloria triomphant pour clore ce dimanche au soleil,

à l’abri du vent dans une vallée close elle aussi par une barrière calcaire impressionnante au bas de laquelle tel un lac tranquille sourd la mystérieuse Fontaine de Vaucluse

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Quelle belle illustration de la vie ! cette eau étale, calme, pure, jaillie des entrailles de la terre, qui se jette à corps perdu dans la bataille,

le bouillonnement de la jeunesse qui se joue des obstacles, cours avec fougue vers son destin, part en gerbes d’eau triomphantes, grondantes, à qui rien ne résiste, que rien ne peut dompter, tous les espoirs lui sont permis !
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La confrontation de l’homme avec le courant, l’envie de l’accompagner, de prendre des risques, de gagner, de sublimer sa peur, dompter ce torrent qui peu à peu comme dans la vie se calme, roule encore beaucoup d’eau,

fait tourner la roue du moulin à papier, démontre son utilité, fertilise cette région où l’eau est une richesse inestimable – puis, plus calmement, va vers son destin….
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Comment ne pas songer en ce lieu à Pétrarque et Laure, loin … très loin dans le temps, remonter dans les siècles, vers leurs amours tout en poésie, amour courtois qui pourtant comme cette rivière foisonne de vie et de jeunesse.

Du haut de son rocher le château hiératique se laisse bercer par le bruit de l’eau, Laure l’entend accepte ces hommages fougueux et tendres à la fois….
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Cours d’Amour du moyen-âge où tout est exprimé avec délicatesse, l’Amour ! magnifié respecté, loué avec l’accent des troubadours……

Et la Sorgue….. éternelle coule comme la vie……



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rêver un peu sur cette vision de l’amour d’un homme et d’une femme autrement que par l’acte sexuel, celui de notre époque de consommation de toutes sortes, où tout est à jeter après usage,

je veux rester persuadée que la tendresse, la douceur, le respect et la confiance existent encore tels ces amours « désuètes »,

comme le courant continue de la rivière apaisée va s’unir à la mer….toujours…toujoursFAN2043856.JPG

17/02/2009

L’óuliveto de mèstre Jan

Pour mes amis Provençaux qui lisent mon blog voici la traduction de ma dernière note - amicalement à vous tous - Denyse

L’óuliveto de mèstre Jan èro perdudo dins lis eùse, pichoto isclo au mitan de la mar di bos. Lou tèms a passa, la bouscarato es esta bastido….

L’óuliveto es toujour aqui un pou esquichado, mai tambèn isclo de resistanço dins li counstrucion mouderno.

Pouden veire encare aquelo meraviheto de « Sinfòni Pastouralo », un pradoun mounte passon li bedigo, lis ave, uno capitelo per faire pauseto e s’apara dóu soulèu coume de la pluèio, pantaia un brèu, alena, oublida lis ouvàri de la vido que nous secuton……DSCN0187.JPG

Uno leio d’amelié pas’caro flourido, pamèns sian au mitan de febrié ! aquest an aven agu fre, lou printems es tras que capricious, noun se vei moureja, mai vendra ben ‘mé touti li flour, lou soulèu, et lou cèu blu.

Enfin, oundejante li fuèio argènt dis òulivié danson dins lou vènt coume di fadeto. DSCN0185.JPG


Tout èro aqui per apasima, estre en armounìo emé la naturo, aquelo naturo qu’agusan a cop d’estrouncarelo.

Counstruire dins li bos ! Quete bonur ! O ! mai…. Aquel aubre es tras que toucant, se faudrié pas que lou fiò prenguesse….. et zou…. estrouncarelo ! aquèu souloumbrejo lou bagnadou….zou… estrouncarelo…. Volé une bello tepo….zou estroucarelo .

Ah ! la vilo à la campagno acò es tras que bèn…..Li Camp d’Alis dins la garrigo !

Mai l’óuliveto élo résisto encaro, per quant de tèms ? Se pou pas dire…. Mai per arò
S’atroubo encaro, en sus de l’apasimen, en aquelo seison de roumanièu-counièu.


Vous dirai pas mounte la podès veire, mai adeja es assiejado de tóuti part et belèu un marrit jour s’esvalira coume un pantai…..

16/02/2009

L'olivette de maître Jean

L'olivette de maître Jean était perdue dans les bois de chênes verts, petite ile au milieu de la mer des arbres seul un chemin étroit y amenait DSCN0180.JPG

Le temps a passé....la garrigue est devenue constructible, l'olivette est toujours là, un peu étouffée mais ilot de résistance au milieu des habitation qui sont encore pour peu de temps invisibles mais tellement présentes tout autour


Cette petite merveille de "symphonie pastorale"



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un pré où passent les moutons lorsqu'ils montent vers le plateau, une capitelle

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pour faire une pause, rêver un peu, se mettre à l'abri du gros soleil ou de la pluie, ne plus penser là à la crise, aux riches, aux pauvres, aux mesquineries de la vie, à tous les tracas grands ou petits , simplement s'enivrer de la beauté offerte DSCN0188.JPG respirer, jouir du moment présent en sachant que ce privilège est en grand danger ! mais profiter.... profiter... aimer avec les yeux, avec le coeur, ressentir toute cette paix au plus profond de soi !
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Une allée d'amandiers, pas encore en fleurs

Cette année l'hiver a été rude ces arbres protègent encore leur promesse de récolte, ils feront éclore leur neige blanche plus tard !

La chevelure des oliviers ondule danse dans
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le vent comme une multitude de petites fées argentées, fines et vives, bavardes et gaies.

tout y est réuni pour apaiser, être en harmonie avec la nature, cette nature que nous repoussons de plus en plus loin ici à grands coups de tronçonneuses.

Ah ! construire dans les bois ! quel bonheur ! Oui, mais.... cet arbre est trop près, l'été... le risque d'incendie.... broum.... tronçonneuse, celui là fait de l'ombre à la piscine..... broum... tronçonneuse, je veux un beau gazon.....broum... tronçonneuse. La ville à la campagne tout un programme ! les Champs Elysées en pleine garrigue, pas une mauvaise herbe dans le jardin ! n'est ce pas merveilleux !

Mais l'olivette elle résiste encore, on y trouve outre l'environnement paisible, une profusion d'asperges sauvages en cette saison -

Je ne vous dirais pas où elle se situe bien que peu à peu les constructions, comme des termites grignotent autour d'elle son environnement, ses bois... assiégée de toutes parts va-t-elle s'évanouir un jour comme un rêve remplacée par une superbe villa avec piscine!


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13/02/2009

Février à Uzès

Le temps des vacances de février Uzès redevient la belle endormie, les touristes si friands de notre petite ville, nombre d’ Uzétiens (nes) sont sur les pentes neigeuses – et l’on se retrouve là comme après de départ de proches parents, cousins, amis que l’on aime beaucoup mais qui laissent le calme après « la tempête » !

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D'abord belle de nuit, ce spectacle est tellement beau ! comment ne pas l'apprécier !!!

C’est le moment d’en profiter …. Petite promenade au gré des rues tranquilles. Le mistral virulent et frisquet chasse des paquets de nuages, il dévoile par intermittence un ciel d’un bleu si pur…. Oui, nos jours sont aussi beaux que nos nuits !

Toujours de nouvelle découvertes, détails architecturaux passés inaperçus, perspectives….DSCN0164.JPG
Là une rue banale, banale ? Ah mais non ! chaque maison cache son jardin privé, trésor intime préservé des regards trop indiscrets et nombre de façades classiques se révèlent élégamment décorées de corniches sculptées, discrètes mais si belles.

A chaque coin de rue, en embuscade, le mistral remuant trouble-fête, nous bouscule, il se faufile, s’infiltre, se calme, reprend son souffle de plus belle comme pour nous narguer.





Au hasard de la promenade, je ne parlerais pas des classiques comme la place aux Herbes, les Trois tours, tiens pourquoi pas une vue étonnante du toit bourguignon de la chapelle du Duché ?
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Uzès, ma ville, combien de fois t’ai-je dit je t’aime, en cette veille de St Valentin je te le redis encore........
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j’aime ton environnement, ton climat même si celui-ci devient de plus en plus facétieux depuis quelques temps et s’amuse à nous déboussoler avec une météo capricieuse ! J’aime tes pierres blondes, tes hôtels particuliers, ils ne sont pas pour moi ?
La belle affaire j’en jouis comme d’un spectacle immuable et pourtant toujours attractif….

Tes petites rues pentues, la rue du Coin, de la Calade, de la Bourgade, de la Perrine, Entre les Tours, place du Sabotier, et tant d’autres …….
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enfin tous les lieux baptisés pour leur particularité et non pour honorer des personnages plus ou moins célèbres hormis celui qui nomme « ma rue » pour qui j’ai une tendresse particulière …..

Ah ! la nature humaine !

Et bien sûr A.Malraux sans qui Uzès serait encore en partie ruinée, quasi irrécupérable, combien de rues et d’immeubles réhabilités , transformés au cours de la rénovation, seul reste un immeuble magnifique qui crie misère




le petite séminaire- DSCN0160.JPG
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peut être des problèmes juridico-financiers n’ont ils pas permis en son temps sa rénovation, peut être le temps n’est plus aux subventions, à la possible spéculation sur la pierre ? Je ne sais. serait-il trop tard pour lui ?
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Quel dommage ! alors qu’à ta porte des immeubles indignes de toi sont construits,

Oui je sais une ville doit vivre mais un peu de retrait..... juste un peu de retrait pour préserver l’harmonie de la symphonie écrite au fil des siècles dans ta pierre.
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Denyse

09/02/2009

Un livre, un jour !!!

Je t'avais un peu abandonné, mais pas oublié !

oui, je sais, les ami(e)s se plaignent un peu de ne pas avoir leur petite note habituelle afin de pouvoir échanger, par commentaires, mails ou téléphone toutes les idées ou les réflexions provoquées par mes petits texte -


- Allez je reviens,

je reviens de la lecture d'un livre de poche qui m'a profondément touchée, troublée, le témoignage de "Brigitte" devenue du jour au lendemain SDF.

Cette descente dans l'enfer de la rue, alors qu'elle croyait qu'il lui suffisait d'aller frapper aux portes des institutions, mais aussi la gentillesse ou la pitié de policiers d'un commissariat de quartier qui lui ont permis de dormir quelques nuits au chaud, l'horreur des hébergements d'urgence avec toute la violence, la drogue, l'alcool, cette cohabitation forcée qui tire vers le bas, comment ne pas comprendre ceux qui préfèrent un abri précaire comme une tente, une cabane au fond des bois, une grotte où s'ils y souffrent du froid trouvent tout de même une intimité qui est impossible dans ces établissements !

La recherche désespérée d'une douche !

L'incompréhension, l'indifférence ou l'impuissance de certaines assistantes sociales,

l'efficacité d'autres !!!!!! la bêtise de la loi, la difficulté à faire valoir ses droits !

De temps en temps, une éclaircie -

Non, Brigitte ne veut pas être SDF,

Toujours faire attention,

Ne pas se faire remarquer éviter les violents, les défoncés, les prêts à tout pour avoir leur dose - gommer au maximum sa féminité malgré sa volonté de ne pas se laisser aller être toujours propre, "présentable" un minimum de maquillage resté dans son sac ne pas ressembler ....à une SDF !

Quel combat épuisant qui use la volonté, la santé physique, morale.....

Non elle ne veut pas vivre la rue, et pourtant deux années de galère à voir partir ses compagnons de misère, l'un tabassé à mort pour lui voler son RMI, l'autre l'alcool, l'autre la drogue, la malnutrition, le manque de soins médicaux....l'autre....l'autre....

Enfin le bout du tunnel pour elle, à nouveau l'envie et la volonté de s'en sortir, de ne pas finir comme eux

Le retour encore fragile à la vie "normale" un toit, un boulot, mais toujours cette blessure profonde qui la rend touchante et vulnérable à la fois, la peur psychologique d'aller tendre la main à ceux qui sont encore sous les arcades de la Place des Vosges !

L'on sort de cette lecture avec un goût amer de défaite,

celle de notre société qui n'a pas su donner l'envie, aider la vie de milliers de gens rattrapés par le malheur, qui se sont plongés dans l'alcool, la drogue, la violence où est la faille ?

Bien sûr nombre d'hommes et de femmes sont faibles et jettent l'éponge, ne plus se battre contre l'adversité, se laisser couler sur une rupture, une perte d'emploi.....

et c'est là, juste là, au moment où ils vont "lâcher la rampe" qu'une main secourable doit se tendre, avant la chute, avant qu'il ne soit trop tard.....trop tard .... il est difficile de déceler chez son ami(e) son (sa) voisin(e) le moment où tout peut basculer......dans la rue ou ailleurs ......
Denyse