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30/12/2008

Au coin du feu

Pleut ! fait froid ! fait gris, fait triste !

Et pourtant chaque hiver c'est pour moi le même plaisir, le même réconfort, un feu de bois dans la cheminée,

Oh! pas du luxe, non, seulement une cheminée à Père Noël, en plâtre, toute simple devant laquelle on se grille un peu
où l'on voit la flamme vivante commencer à grignoter le bois et finir par l'embraser triomphalement -

là, je ressens plus que jamais ce bonheur d'être au chaud et cette sérénité que je souhaite à chacun ! Combien ces moments sont précieux loin du tam-tam un peu assourdi des réjouissances, des mondanités.

Sur la danse des farfadets de flammes je m'évade loin des faux-culs, des noceurs en tout genre et m'attarde auprès de ceux , de plus en plus nombreux, anonymes ou non qui essaient de conserver à chacun la dignité d'Etre Humain -

Et si cette terrible crise économique, sociale aux nombreuses victimes nous ramenait vers l'essentiel ?

Nous qui n'avons pendant des années su que consommer, slogan de tout poil :

"pour maintenir la croissance et l'emploi"


pendant que les délocalisations de plus en plus lointaines privaient de boulot nombre de salariés abasourdis à qui l'on impose pourtant l'allongement de ce temps de travail improbable !

Année d'illusions, de désillusions, d'angoisse parfois et pourtant toujours présente la petite flamme de l'espoir pour dire :

Non, tout n'est pas perdu, vivez autrement, simplement, allez vers les autres, soyez dignes de confiance, de cette confiance qui rend les humains solidaires, confiance de celui qui tend la main, confiance de celui qui prend la main,

plus de faux semblants, retournons vers la base de l'humanité, la vraie générosité, la solidarité, nous avons tous quelque chose à offrir, même le plus pauvre d'entre les pauvres peut donner .

Année personnelle, d'engagement, de découverte, de bonheurs, de tristesse devant la maladie et le deuil de proches, déception d'amitié trahie, mais aussi et surtout joie d'amitiés fidèles, relations nouvelles, cette santé qui permet de vivre pleinement et ...... recommencer une nouvelle année avec l'espoir..... toujours l'espoir...


Amicalement à vous tous Bonne année !


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23/12/2008

Le Noël de la "petite"

C'était la "petite", la plus jeune de la famille, pas la plus choyée, non la "petite" tout simplement !

Ses parents trop occupés par leur auberge l'oubliaient un peu, elle était discrète, se faisait "petite", parlait à ses poupées, au chien, au chat, elle n'était pas malheureuse, non, elle était habituée et à dire vrai cette situation l'arrangeait même, pas de comptes à rendre ou si peu ! elle se faufilait entre les tables des clients telle une souris, elle n'aimait pas l'ambiance fébrile qui régnait autour d'elle au moment des préparatifs de Noël, les commandes à faire, les clients réserveraient-ils ? Les menus à préparer, la décoration !

Toute cette agitation, tout ce remue-ménage lui faisaient un peu peur, l'arbre de Noël n'était pas préparé pour elle, elle le savait et ça ne la gênait guère, elle avait fait dans sa cachette personnelle sa crèche avec des santons dénichés dans un placard, elle l'avait garnie avec de la mousse, fait une grotte avec du papier kraft et mis deux bougies, toutes simples, de celles utilisées en cas de panne électrique, mais c'était sa crèche à elle toute seule ! et la lumière de ses bougies étaient pourelle une fête bien plus importante que toutes ces réjouissances souvent factices, cette joie affichée, les Bonnes Fêtes, les Joyeux Noël de convenance.

Oh ! elle savait bien qu'il y avait de la vraie joie et de l'amour, mais.... peut être pas.... sur commande, non, cependant elle avait le bonheur d'avoir une tante, une "tata coeur d'or" et chez elle, la paix et la joie de Noël prenaient une toute autre signification, comme dans son repère où tout était vrai pour elle.

Elle n'était pas très riche cette tante, mais sa bonne humeur, les cadeaux modestes, les chants de Noël, le petit réveillon qu'elles faisaient ensemble au retour de la messe de minuit, après une marche sur la colline pour arriver au chaud dans la maison, trouver ce que le Père Noël avait déposé entre temps devant la cheminée étaient pour la "petite" d'une telle intensité, lui procuraient un tel bonheur que même les jouets plus luxueux offerts par ses parents n'avaient pas la même valeur ! Quelle joie et quelle complicité entre elles...... mais....

Le temps a passé, la "petite" a grandi, vieilli, la tante est morte depuis bien longtemps, restent là dans le coeur de la "petite" ces moments de vraie tendresse qui ne s'effaceront jamais, et, toujours au moment de Noël, une émotion empreinte d'un peu de nostalgie s'empare d'elle. Elle entend à nouveau, elle revoit à nouveau "son Noël" de coeur. Elle retrouve un peu au travers des veillées traditionnelles, des pastorales naïves comme l'enfance, ce partage simple et chaleureux !
Denyse

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20/12/2008

Le mazet

Le mazet,


Ils étaient là ….
devant le mazet, à l’entrée de son portail dégondé, enclos d’un mur délabré, abandonné par tous perdu à la cime d’une colline où pourtant se devinent tout à l’entours quelques vieux oliviers qui avaient dû fournir l’huile ou les olives pour la picholine2.jpg
un bosquet de lilas mangé par les ronces essaye de survivre, un petit banc de pierre.

Oui, ils sont là bien sûr, calmes, l’un près de l’autre, souvent silencieux, avares de bruit mais tellement riches de souvenirs, devant leur petit mazet de garrigue qui garde encore en mémoire toutes les joies des journées partagées avec les amis le dimanche où l’on se permettait un peu de repos-

Les repas tirés du sac, chacun amenait, qui une fougasse cuite du matin, la daube mijotée lentement sur un coin du fourneau, que l’on réchauffait sur un trépied dans la petite cheminée, les oreillettes, et j’en passe…….la piquette, la cartagène, le pastis
– les boules pour se distraire un peu ......le tout éclaboussé de rires, d’amitié, de bonne humeur, les peines et les soucis partagés comme les bonheurs – ce dimanche savouré comme une gourmandise dans ces vies difficiles, on allait au mazet chargés comme des baudets, pour que la fête champêtre soit parfaite il ne fallait rien oublier !

Là haut, les vies s’égrenaient au fil des saisons et chacune d’entre elles apportait son plaisir ou son lot de travail.

Quelle beauté la floraison blanche des amandiers de févrierimages.jpg - la cueillette des asperges sauvages, l’omelette de Pâques – les amours qui naissaient, le rire des enfants, leurs jeux, leurs disputes parfois mais qu’importe !
Les joies simples et tranquilles, les chagrins moins lourds d’être confiés aux amis.

La terrible chaleur de l’été qui terrasse la nature en quête d’un orage, ces orages du mois d’août, éclairs spectaculaires, fracas du tonnerres et……. Soleil à nouveau

– Le Mistral, « le Maître » aimé et redouté qui plie, arrache, casse tout ce qui aurait l’audace de lui résister-
L’automne , les vendangeurs là tout en bas ! les chasseurs qui battent la colline avec leurs chiens « pan, pan » coups de fusil….lapin ? perdreaux ? bon repas ou cartouches gâchées ?

Et la ronde des saisons continue, l’hiver la cueillette des olives, l’onglée mais les rires, les plaisanteries d’un arbre à l’autre, les saucisses grillées mangées au « cagnard » devant le mazet….. oui….. mais……

Aujourd’hui, la colline est muette, le mazet se transforme peu à peu en ruine, abandonné, et pourtant ils sont là, tous les deux, sombres, fiers beaux, nobles, les deux cyprès de l’entrée du mazet.
DG

Mazet pour ceux qui ne le savent pas petite construction en garrigue -
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16/12/2008

Soirée des treize desserts

La vesprado di 13 dessèr à Sant Quentin


Vo, vo n'i avié 13 et tambèn de vin dous ! mai de dous cènt persouno urouso de poude ausi sa lengo, meme se forço mot soun pas couneigu de tòuti, aquelo lengo que Marianne -coume dit nostro ami Plantevin fabulous afougaire de la serado - a vougu pèr un tèms foro bandi de Franço !

Avèn tòuti dins l'auriho quauqui mot, quauquis entounacioun, quauqui prouvèrbi, patouès coume éron qualifica.... e bèn noun !
noun es un patouès es une lengo, bello, richo, forto, imajouso, aquelo dóu païs de Prouvenço…e….de mai luen !

Serado de coumunioun à l’entour de cant dis aujòu, di vieì Nove, la crecho, li Ravi de la Carcarie

P1000934.JPG
talamen clafi d’estrambord, lou publi o plus léu lis ami, lou pastre Mathieu emé si raconte,la péço en Prouvençau i’a ben agu quauqui blanc….mai acò es pas grèu, érian touti aqui per nous faire plesi ! I'a tambèn agu Janino Oulandeso dóu cantoun qu'a fa si proumie pas sus sceno en Lengo Nostro
J.B. Plantevin amourous de nostro lengo que la glourifi en cansoun, si musicaïre, et sempre li Ravi de Mountaren alègre, dansarèu ! cantarèu !
Aquelo Coupo Santo inne sacra per nautre tòuti réüni. Enfin la farandoulo « dis acabaïre » per dire avèn fini la vesprado mai…. A l’an que vèn ! »

Amistousamen en tòuti – lis escoulan de Lengo Nostro de Sant Quentin P1000964.JPG

"Quau ten la lengo ten la clau"
F.Mistral

traduction approximative :
Oui, oui il y en avait bien treize et aussi du vin doux - plus de 200 personnes heureuses de pouvoir entendre leur langue, même si nombre de mots n' étaient pas connus de tous ! cette langue que Marianne, comme le dit notre ami Plantevin, fabuleux animateur de la soirée, a voulu pour un temps bannir de France
Nous avons tous (les méridionaux) dans l'oreille quelques mots, quelques intonations, quelques proverbes, patois comme ils étaient qualifiés, et bien non, ce n'est pas un patois c'est une langue, belle, riche, forte, imagée, celle du pays de Provence et.... de plus loin !
Soirée de communion autour des chants anciens; des vieux noëls, la créche vivante, les "Ravis de la Carcarie"' à Montaren tellement pleins de joie, le public ou plutôt les amis, la pièce en Provençal, il y a bien eu quelque blanc... mais ce n'est pas grave, nous étions tous là pour nous faire plaisir ! Janine la Hollandaise "du coin" qui a fais ses premiers pas sur scène en Provençal !
J.B. Plantevin, amoureux de notre langue qui la glorifie en chansons, ses musiciens, et toujours les Ravis de Montaren, joyeux, dansant, chantant -
Cette Coupo Santo hymne sacré pour nous tous réunis - enfin la farandole des "Acabaïre" (ceux qui achèvent) pour dire, nous avons fini la veillée mais .... à l'année prochaine !

15/12/2008

Noël

Noël, quel lieu commun écrire Noël ! raconter Noël, mais lequel ?
Celui de l'antique solstice païen ?
Celui de la Nativité, du renouveau au milieu de l'hiver, celui d'une vie neuve qui revient donner de l'espoir du fond de la nuit, celui de l'amour, des repas partagés, des chants naïfs que notre Provence a su si bien garder,des pastorales, des soirées calendales de la crèche
Celui des émotions d'enfants de tout petits enfants.....
Celui de la super-consommation, avec méga-courses à l'hyper-marché, les maxi-cadeaux, les super illuminations, les festivités, les arbres de Noël, les réveillons fastueux, la fête à tout prix à tous prix, qu'importe le budget déjà serré.... et le crédit-révolving alors ?
Celui dans sans....
Sans amour, sans familles, sans logis, sans argent, sans cadeaux, sans papiers sans......sans..... auxquels les associations et nombre d'entre nous en toute simplicité essaient de donner un "avec"
avec convivialité, avec cadeaux même modestes, avec repas partagé comme avec une famille, avec chaleur pour ce jour là , au moins, ne pas laisser au bord de la route les mal aimés du système !
Noël fête de la Paix, trêve des confiseurs.... mais... trêve seulement et demain l'horreur des guerres, armées, économiques, sociales.
Noël quel beau mot pourtant ! Oserais-je vous souhaiter un joyeux Noël ?
DG