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29/11/2008

Uzétien mon ami,

Qui es-tu ? un authentique méridional attaché à sa garrigue,à son terroir, à ses tours, à ses places ?
Un buveur de soleil qui a trouvé ici sa fontaine ? Un parisien fuyant la capitale ? un Belge, un Suisse, un Anglais...un...un... ? Que sais-je encore ?
Uzétien mon ami tu es simplement celui qui par la naissance ou par coup de foudre aime sa ville, sa vieille ville bien sûr, ses ruelles, ses jardins secrets, ses tours, sa campagne si particulière, chantés, loués par tant d'admirateurs célèbres ou inconnus ! Elle qui dans son écrin de collines t'offre la caresse du soleil, où Zeus lui-même loin de l'Olympe laissa s'envoler les lettres de son nom en preuve d'amour : UZES !
ville qui t'a vu naître ou qui t'a adopté simplement en t'ouvrant les bras pour t'accueillir, toi le nouveau, qui t'a fait une place auprès de ses enfants tout étonnés et heureux de voir s'agrandir la famille, quelquefois un peu dépassés par cet afflux, Uzétien mon ami, tu es un, tu es multiple, riche de ta diversité
- Tu pestes les jours de pluie ! tu trembles les jours de mistral ! tu revis les jours de soleil ! mais...... qui que tu sois.... tu deviens un vrai méridional !!!!
Ah ! bien sûr, comme dans toutes les familles il y a les grincheux, les aigris, fais fi de leur rancoeur, de leur petitesse, tourne le dos à ces facheux! va partager ton repas avec tes frères de coeur,
le soir..... devant un bon feu..... un cuissot de sanglier en plat de résistance !!!

PS : Uzétiennes (dont je fais partie) ne vous croyez pas oublieés ! j'ai employé le terme Uzétien comme un terme générique - de la même façon que l'on emploie homme pour nommer le genre humain


24/11/2008

Ma rivière

Parfois je vais voir ma rivière, mon amie, elle coule aux confins du Gard, près de l'Ardèche où elle naît.
On arrive par une petite route presque ignorée, seuls ses amoureux ou quelques aventureux savent ! petite route tortueuse, étroite, dans une vallée cévenole aux prairies minuscules qui s'effacent peu à peu laissant place à un lieu magnifique, sauvage, d'un autre temps !
des forêts de pins, des châtaigniers, des grands houx, de hautes bruyères.....et.... ELLE
Elle, belle, vivante, joyeuse, en crue à ma dernière visite, s'engouffrant sous le petit pont de pierre son vieil amant indulgent habitué à ses colères subites de torrent, et qui arque son "dos d'âne" bien haut pour laisser s'écouler son flot tumultueux respectant son humeur changeante !P1020021.JPG
Son eau sautait, cascadait, tourbillonnait autour des grosses roches de granit, polies, arrondies, façonnées au gré de ses envies - elle les contourne dans un bruit de cataracte, s'y jette contre avec arrogance sûre d'elle - oui Elle : mouvante, changeante et opiniâtre à la fois, fluide, en crue ou misérable ru de juillet, soumettra ces blocs à l'aspect inébranlable !
Comme ces milliards de gouttes d'eau qui finissent par faire trembler des montagne – si des millions d'être humains tracent leur route unissant leur faiblesse sans hypocrisie, sans se cacher derrière des faux semblants humanitaires ou idéologiques pour satisfaire leur égo, attaquent ce qui est fort, dur, rigide combien de forteresses jugées imprenables pourraient encore tomber !

20/11/2008

premier poilu d'Uzès mort pour la France

On l'appelait Coco ou Jacquot son vrai prénom était Jacques - Jacques Pialat -
Il avait vingt ans en 1914 - il partit comme beaucoup de jeunes et de moins jeunes de sa ville natale - de son pays, pour le protéger son pays !
Il partit "la fleur au fusil" comme ils disaient - en partant il dit "adieu maman", "adieu Uzès", "adieu les tours d'Uzès".
Deux mois après le maire, vêtu de noir, vint sonner au portail de la maison de la rue de la Perrine.
Le père vint ouvrir - la maire tremblait, les soeurs déjà pleuraient !
Jacques était mort, c'était le premier mort d'Uzès. Il avait vingt ans, et sa bouche était pleine d'une terre qui ne sentait pas le thym, ses yeux s'étaient fermés sur un ciel qu'ils ne connaissaient pas.
Le père s'enferma dans son atelier et pleura longuement, puis, il prit son crayon, son compas, son équerre et a dessiné une petite tour et y écrivit le nom de son fils dessus -
cette petite tour vous pouvez la voir encore aujourd'hui à Uzès c'est le monument aux morts - il fut bâti en 1920.
Le père de Jacques était aussi le père de ma grand-mère.
Hier, j'étais devant le monument aux morts avec Noah et Chiara mes deux petits enfants qui ont deux ans, le fils de ma fille et la fille de mon fils. Ils avaient dans les mains une rose et quand on fit l'appel des morts les petits posèrent leurs roses devant le nom de leur oncle.
Noah et Chiara ont deux ans, et ne savent rien, mais un jour ils sauront le sacrifice de ceux qui sont morts pour qu'ils soient libres

Ce texte m'a été donné en Provençal par Jacqueline Guezzi que je remercie le 12 novembre - je vais d'abord l'écrire en Français pour ceux qui ne comprennent pas et ensuite la traduction en provençal

Proumié pelous d'Uzes mort pér la Franço

I'é disien Coco o Jaquot - soun noum vertadié éro Jaque - Jaque Pialat -
Jaque partiguè coumo di jouine et di mens jouine de sa vilo natalo e de soun païs pér apara soun païs ! en partènt diguè adiousias maman, adiousias Uzès, adiousias li tourre d'Uzes
Dous mès après lou conse, vesti de negre, venguè souna au pourtau de l'oustau de la carriere de la Perrino. Lou paire venguè desclava. La maire tremoulavo, li sorre adeja pluravon.
Jaque èro mort èro lou proumié mort d'Uzes. Avié vint ans e sa bouco éro pleno d'une terro que sentié pas la farigoulo, sis uei se soun barra souto un cèu que couneissavon pas.
Lou paire s'embarrè dins soun ataié et plourè mai que mai, pièi, prenguè soun creioun soun compas soun escaire e a dessina uno tourreto et escriguè lou noum de soun drole dessus.
Aquelo tourreto la pouden véire encare vuéi es lou "Monumen di mort" fuguè basti en 1920. Lou paire de Jaque èro lou paire de ma grand.
Aièr, ère davans lou mounumen di mort emé Noah e Chiara mi felen qu'an dous ans ; lou fiéu de ma fiho et la fiho de moun fiéu !
Avien dins la man une roso et quouro faguèron lou rampèu di mort li pichot pausèron si rose davans lou nom de soun rèire ouncle.
Noha et Chiara an dos ans, savon pas ren, mai un jour saupron lou sacrifice d'aqueli que soun mort per que seguesson libre.

11/11/2008

les biscuits à l'anis de Marie

voilà le texte que m'a fait parvenir une de mes amies dans un mail je n'ai pas pu résister au plaisir de le faire figurer dans mon blog dédié à l'amitié et à la convivialité !


Oui je suis gourmande de biscuits à l'anis, pour le petit dèj , j'aime ça c'est une très ancienne recette qui date encore au delà de mon arrière grand mère, et dont la tradition s'est perpétuée même ma fille veut transmettre cette tradition de famille italienne. Ma mère faisait ces biscuits à pâques en quantité astronomique qu'elle allait faire cuire dans le four du boulanger de la place aux herbes sous les arceaux l'ancienne "coopérative" Une année la boulangère avait fait carboniser les deux plaques de biscuits, j'ai cru que ma mère allait pleurer de déception - Car elle ne les faisait pas seulement pour ses enfants mais pour toute la famille: oncles, tantes, neveux, nièces, amis, voisins. C'était du boulot car moi j'ai fait des biscuits tout simples, mais elle c'était en forme de : cloches, cœur, poissons, paniers, poussins. Elle faisait durcir des œufs que mon frère ainé décorait en les peignant de toutes les couleurs avec différents motifs c'était très beau, on plaçait chaque œuf au milieu du gâteau qu'on faisait tenir avec une bande de pâte tressée - Ma mère était une femme qui se faisait plaisir en faisant se régaler tout le monde; il suffisait qu'une voisine passe devant chez nous et dise: Hummmmm !!! ça sent bon chez vous, c'était radical la voisine repartait avec le plat du jour : couscous, cannellonis, ragout, pizzas, raviolis à la brousse fait maison etc. etc.. Ca rend nostalgique les souvenirs d'enfance, je me rappelle le lait frais que tous les matins on allait cherché chez Mme Néné "la laitière" de la place aux herbes avec le pot au lait. Ma mère le faisait bouillir le soir et le lendemain matin la couche de crème c'était le beurre pour les tartines pour le café chacun son tour on avait le privilège de moudre le café avec l'ancien moulin qu'on tournait à la main . Souvent pour les repas du soir une lampe à pétrole posée sur la table était le seul éclairage, ça rendait une lumière douce -
Le cauchemar était lorsqu' il fallait aller chercher dans une cave très obscure, habitée par les souris: le charbon qui alimentait la cuisinière en fonte et servait également de chauffage.

01/11/2008

Les jardins de mon enfance

Je ne suis pas née avec une cuillère d'argent dans la bouche mais dans une famille d'ouvriers à Alès, ville à cette époque noire de fumée, grouillante, vivante, aux petites rues tortueuses, ce vieil Alès avec sa place "du vieux marché" aux voûtes séculaires, solides, massives, austères cévenoles enfin ! l'auberge du "Coq Hardi" où fut signée la "Paix d'Alès" vestiges hélas disparus sous les coups de boutoir des bulldozers, seule reste la cathédrale qui autrefois trônait sur les "haute et basse place St Jean"
Son marché où à cette époque les ménagères achetaient qui un bleu de travail, qui une blouse, des godillots, des sandales de corde, du fil à repriser, de l'élastique mais rarement de la fantaisie "c'était pour les damettes de la ville" c'est qu'il fallait économiser !
Ah ! qui n'a pas connu la solidarité, la fraternité de ces hommes venant d'horizons différents, les Alésiens bien sûr mais aussi les Lozériens, les Ardéchois, les Polonais, les Espagnols, les Algériens, tous unis dans la mine où à "la forge" chacun avait à coeur l'entraide ils étaient durs à la tâche ceux qui pendant 8 heures arrachaient du charbon ou "coulaient" l'acier en fusion !
-Chez moi, par moitié les hommes étaient mineurs ou métallos - seul mon père était devenu commerçant -
Toute enfant mon grand-père m'a eue amenée à la forge voir cette rivière ardente (c'était interdit bien sûr.... mais..... "tiens toi loin petite !") il travaillait là sans protection ou presque, les brûlures plus ou moins bénignes étaient fréquentes !
Les mineurs, plus nombreux devaient se prémunir contre les dangers d'un éboulement lors de l'ouverture d'une nouvelle galerie, d'un coup de grisou toujours possible ! la silicose était en embuscade !
Mais la joie de ces hommes, leur pénible journée terminée était...... travailler.........leur jardin ! Tous ces enfants de paysans arrachés par la pauvreté à la liberté de la campagne retrouvaient là leurs racines et d'un jardin à l'autre tout en travaillant ferme il n'était plus question que de semences, fruits, légumes, arrosages, récoltes
- toutes les plantations de légumes étaient ceintes de fleurs qui délimitaient les "carrés" et permettaient à la "bourgeoise" comme ils nommaient souvent avec affection leurs épouses de faire de gros bouquets de saison lorsqu'elles allaient cueillir les légumes ! quel souvenir gustatif, quel délice ces radis croqués à pleines dents !
le pastis (un peu fabriqué, il faut le dire) partagé les soirs d'été ou le café bien sucré dans les thermos l'hiver ! les dimanches se passaient au jardin ou les enfants, les petits enfants, les femmes, tout ce monde ouvrier se retrouvait - pour jardiner bien sûr mais aussi pour "taper le carton" dans des cabanons de fortune faits de bric et de broc mais toujours garnis de plantes grimpantes ce qui les rendaient pimpants ! papoter un ouvrage à la main pour les femmes, jouer pour les enfants, ils étaient tous joyeux - heureux de ce travail qui leur procurait autant de plaisir, leur permettait d'avoir des fruits et des légumes seulement avec de la sueur, se retrouver au "bon air" entre camarades ! pas question d'acheter un poireau ou des carottes, si tu n'en avais plus le voisin lui t'en fournissait ! "à titre de revanche !" je vous vois sourire ! et oui ! "je vous parle d'un temps que les moins de..........ans ne peuvent pas connaître...." à mon grand regret je ne l'ai d'ailleurs que très très peu connu !
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