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20/11/2008

premier poilu d'Uzès mort pour la France

On l'appelait Coco ou Jacquot son vrai prénom était Jacques - Jacques Pialat -
Il avait vingt ans en 1914 - il partit comme beaucoup de jeunes et de moins jeunes de sa ville natale - de son pays, pour le protéger son pays !
Il partit "la fleur au fusil" comme ils disaient - en partant il dit "adieu maman", "adieu Uzès", "adieu les tours d'Uzès".
Deux mois après le maire, vêtu de noir, vint sonner au portail de la maison de la rue de la Perrine.
Le père vint ouvrir - la maire tremblait, les soeurs déjà pleuraient !
Jacques était mort, c'était le premier mort d'Uzès. Il avait vingt ans, et sa bouche était pleine d'une terre qui ne sentait pas le thym, ses yeux s'étaient fermés sur un ciel qu'ils ne connaissaient pas.
Le père s'enferma dans son atelier et pleura longuement, puis, il prit son crayon, son compas, son équerre et a dessiné une petite tour et y écrivit le nom de son fils dessus -
cette petite tour vous pouvez la voir encore aujourd'hui à Uzès c'est le monument aux morts - il fut bâti en 1920.
Le père de Jacques était aussi le père de ma grand-mère.
Hier, j'étais devant le monument aux morts avec Noah et Chiara mes deux petits enfants qui ont deux ans, le fils de ma fille et la fille de mon fils. Ils avaient dans les mains une rose et quand on fit l'appel des morts les petits posèrent leurs roses devant le nom de leur oncle.
Noah et Chiara ont deux ans, et ne savent rien, mais un jour ils sauront le sacrifice de ceux qui sont morts pour qu'ils soient libres

Ce texte m'a été donné en Provençal par Jacqueline Guezzi que je remercie le 12 novembre - je vais d'abord l'écrire en Français pour ceux qui ne comprennent pas et ensuite la traduction en provençal

Proumié pelous d'Uzes mort pér la Franço

I'é disien Coco o Jaquot - soun noum vertadié éro Jaque - Jaque Pialat -
Jaque partiguè coumo di jouine et di mens jouine de sa vilo natalo e de soun païs pér apara soun païs ! en partènt diguè adiousias maman, adiousias Uzès, adiousias li tourre d'Uzes
Dous mès après lou conse, vesti de negre, venguè souna au pourtau de l'oustau de la carriere de la Perrino. Lou paire venguè desclava. La maire tremoulavo, li sorre adeja pluravon.
Jaque èro mort èro lou proumié mort d'Uzes. Avié vint ans e sa bouco éro pleno d'une terro que sentié pas la farigoulo, sis uei se soun barra souto un cèu que couneissavon pas.
Lou paire s'embarrè dins soun ataié et plourè mai que mai, pièi, prenguè soun creioun soun compas soun escaire e a dessina uno tourreto et escriguè lou noum de soun drole dessus.
Aquelo tourreto la pouden véire encare vuéi es lou "Monumen di mort" fuguè basti en 1920. Lou paire de Jaque èro lou paire de ma grand.
Aièr, ère davans lou mounumen di mort emé Noah e Chiara mi felen qu'an dous ans ; lou fiéu de ma fiho et la fiho de moun fiéu !
Avien dins la man une roso et quouro faguèron lou rampèu di mort li pichot pausèron si rose davans lou nom de soun rèire ouncle.
Noha et Chiara an dos ans, savon pas ren, mai un jour saupron lou sacrifice d'aqueli que soun mort per que seguesson libre.

Commentaires

Superbe texte , qui n'appelle pas d'autres mots que respect.
Merci madame de mettre en valeur de tels hommes, qui marchent debout.

Écrit par : L Gaido | 23/11/2008

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